L’indispensable assurance invalidité

Dans les billets précédents, nous avons vu comment certains risques n’ont pas besoin d’être couverts par une assurance lorsque les conséquences pour notre budget sont minimes. Dans le cas de l’assurance invalidité, ce n’est pratiquement jamais le cas.

 

De quoi s’agit-il?

Cette couverture nous verse habituellement une partie de notre salaire advenant notre incapacité à exercer nos fonctions.  Plusieurs personnes obtiennent cette couverture avec leur employeur dans un lot qui inclut aussi les couvertures d’assurance-médicale, dentaire et vie. Les détails se trouvent dans la brochure explicative fournie par l’employeur.

Dans les assurances d’employeur comme dans les assurances privés, cette prestation ne sera pas payable la vie durant. Certains régimes verseront une prestation pendant un maximum de deux ans, ce qui est bien peu lorsque vous perdez l’usage de la vue ou de l’ouïe par exemple. Dans la majorité des cas, la prestation ne sera pas payable au-delà de 65 ans. À cet âge, l’employé est présumé vivre de ses rentes et ne plus avoir besoin d’un remplacement de son salaire.

Contrairement à l’assurance-vie, il n’est généralement pas possible pour un employé de quitter son emploi en emportant avec lui son assurance invalidité. Or, se trouver un contrat d’assurance privé n’est pas une simple formalité. C’est un exercice coûteux dont le succès n’est pas garanti.

 

Les obstacles

Première obstacle, votre état de santé. Plusieurs petits bobos, en apparence anodins, deviennent des enjeux importants. Parmi ceux-ci, mentionnons un léger surpoids, des maux de dos, le TDAH (ne riez pas), une visite chez le psychologue ou chez le massothérapeute. Ce sont tous des facteurs qui peuvent se traduire par une exclusion ou une prime plus élevée.

Second obstacle, votre occupation. La prime est toujours fonction du type d’emploi. Certains métiers ne posent pas trop de difficultés. D’autres sont considérés comme risqués, comme un chauffeur de taxi ou un policier, ce qui entraîne une prime considérablement plus élevée et des restrictions sur les couvertures. Qui plus est, l’endroit où vous travaillez est aussi un enjeu. Ainsi, si vous travaillez de la maison plus de 50% du temps, le nombre d’assureurs prêts à vous offrir une couverture diminue considérablement. 

Troisième obstacle votre mode de vie. Vous pratiquez la plongée sous-marine, l’héliski ou le vol en ultraléger? Même s’ils ne vous semblent pas si dangereux, ces activités pourraient être une cause de surprime ou de refus. Si vous voyagez à des endroits exotiques, de nombreuses questions vous seront posées. Même chose si vous avez eu de nombreuses contraventions dans le passé. Si vous devez vous trouvez une assurance invalidité, il serait préférable de renoncer à cette expédition sur le Kilimandjaro.

Bien que tous ces obstacles soient présents en assurance-vie, la sensibilité des assureurs est considérablement plus élevée en assurance invalidité ce qui fait que rien n’est gagné d’avance.

 

Quoi faire alors?

Est-ce que vous achèteriez une maison sans prendre d’assurance-incendie, sous prétexte que les incendies sont rares?

À moins d’être rentier, ce n’est généralement pas possible d’absorber le risque. Est-ce que vous achèteriez une maison sans prendre d’assurance-incendie, sous prétexte que les incendies sont rares? Si vous absorbiez vous-même le risque d’invalidité, c’est un peu ce que vous choisiriez.

La priorité en cette matière est de protéger votre assurabilité. Cela veut dire qu’il faut vous permettre d’être à l’abri des refus, surprimes et exclusions. Comment faire?

 

Battre le fer pendant qu’il est chaud. Si vous attendez d’en avoir besoin pour prendre une assurance, vous risquez fort de développer plusieurs petits bobos qui nuiront à votre assurabilité.  Mieux vaut le faire lorsque vous êtes en santé.

Contrat à renouvellement garanti. Ce type de contrat vous garantit le renouvellement à chaque année tant que vous payez les primes. C’est ce qui vous permettra de ne pas être à la merci des aléas de votre santé.

Prévoir vos revenus futurs. Si vos revenus de travail sont appelés à augmenter dans le futur, vous pouvez acheter une option d’assurabilité futur. Elle vous permettra d’augmenter vos couvertures sans que votre état de santé ne devienne un enjeu.

 

Obtenez les conseils d’un planificateur financier

L’assurance invalidité est un produit complexe. Les exclusions sont nombreuses et les définitions sont subtiles. En plus des enjeux soulevés plus haut, il vous faudra vous demander si vous souhaitez protéger votre profession habituelle, ajuster vos prestations en fonction de l’inflation et choisir si vos primes seront nivelées ou garanties (non, ce n’est pas la même chose). Tout cela est complexe et il est préférable d’être accompagné d’un professionnel.

N’oubliez pas que les conseillers en sécurité financière sont rémunérés par des commissions qui varient en fonction des primes. Malgré le caractère indigeste de ces enjeux, n’hésitez pas à poser des questions sur l’analyse des besoins qui sera faite. Comme la nourriture, l’assurance invalidité est nécessaire mais ce n’est pas une raison pour s’en gaver.


 

Dans le prochain billet, nous aborderons l’assurance-crédit, un complément lorsque votre couverture d’assurance invalidité est insuffisante.

 

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