Un petit lexique des produits d’assurance

Au moment de l’achat de ma première voiture, une rutilante Ford Tempo 1988 blanche (ou grise pendant l’hiver), j’ai tenté de comprendre mon contrat d’assurance automobile. Après des efforts considérables pour départager ce qui était couvert à un endroit et exclu quelques lignes plus loin, je n’ai retenu qu’une chose : il m’était interdit de transporter du matériel nucléaire. Tout le reste n’était que confusion.

Il faut donc se tourner vers des conseillers pour mieux comprendre et c’est là que se trouve toute la difficulté. À qui faire peut-on faire confiance dans un monde dominé par la rémunération à commission, les objectifs de vente et les concours en tous genres.

Dans le premier de six billets à ce sujet, je vous propose un petit lexique pour mieux comprendre les produits. Dans les suivants, nous explorerons les différents besoins et comment y répondre de façon équilibrée.

Assurance vie.

De loin la plus simple, il s’agit d’une couverture qui verse un montant au décès d’une personne. Les exclusions sont limitées. Le suicide, par exemple, est couvert seulement à partir de deux ans la date d’entrée en vigueur. Dans beaucoup de cas, le contrat ne peut pas être annulé tant que vous payez les primes. Ajoutons que le montant versé au décès n’est pas imposable.

Assurance invalidité

Beaucoup plus complexe, cette couverture verse un montant à une personne qui ne peut plus faire son travail et gagner un revenu, soit de façon complète ou partielle. La couverture est généralement assortie d’une période de carence, une sorte de franchise, pendant laquelle aucun montant n’est versé. La prime est fonction entre-autre de l’état de santé, de l’âge, du tabagisme, du sexe, du degré de risque de l’occupation, et de la durée de la couverture. Les exclusions sont plus nombreuses qu’en assurance vie et le prix plus élevé. Beaucoup de gens obtiennent cette couverture dans un régime offert par l’employeur.

Alors qu’il est possible d’accumuler plusieurs prestations de décès, ce n’est généralement pas possible de le faire en assurance invalidité. Personne ne voudrait qu’un travailleur gagne moins d’argent en travaillant qu’il en gagnerait pendant qu’il est invalide. Par conséquent, si votre contrat prévoit une prestation de 3000$ par mois et que vous recevez déjà 500$ provenant de la SAAQ suite à un accident d’automobile, l’assureur vous versera 2500$. C’est ce qui s’appelle l’intégration des prestations.

Assurance-crédit

Lorsque vous négociez un prêt hypothécaire, vous pouvez souvent prendre une assurance qui acquittera le versement hypothécaire advenant que vous soyez incapable de travailler suite à un accident ou une maladie. Advenant une invalidité, vos versements hypothécaires seront payés par une prestation.

Attention, cette assurance ne vous verse pas un substitut à votre revenu. Elle règle des factures à votre place. Il ne s’agit pas ici d’une nuance sans importance. Cette nuance vous permet de recevoir un montant en surplus de votre assurance salaire, sans intégration (voir assurance invalidité plus haut). Pour reprendre l’exemple plus haut, si vous recevez 3000$ d’assurance salaire et une prestation de 600$ d’assurance hypothécaire, le montant de votre assurance salaire ne sera pas diminué. Advenant le décès, l’assurance règlera le montant de l’hypothèque.

L’assurance hypothécaire est souvent contractée avec l’institution financière qui vous accorde le prêt. Ceci introduit tout un lot d’avantages et d’inconvénients qui seront abordés dans un autre billet.

Assurance maladies-graves

Cette assurance verse un montant forfaitaire lorsque vous êtes diagnostiqués d’une des maladies décrites au contrat. En général, on y trouve les maladies cardio-vasculaires et certains cancers. Pour toucher le montant d’assurance, il faut survivre trente jours à la maladie.

L’enjeu le plus important dans ce produit est l’évaluation du besoin. Plusieurs souligneront qu’un diagnostic de cancer est une tragédie et qu’un montant d’argent permet au patient et à sa famille de se concentrer sur la rémission. Cependant, les conséquences financières de ces maladies varient beaucoup d’une maladie à l’autre. Comment savoir quel montant est suffisant? Comment différencier la gestion budgétaire de la gestion de risque? C’est souvent cette question qui donne à ce produit une apparence de loterie morbide.

Ce qui est certain, c’est que ce produit ne devrait jamais remplacer l’assurance-invalidité qui est un parapluie beaucoup plus efficace.

Assurance générale

Il s’agit de votre assurance d’auto et d’habitation. Nous oublions souvent que l’assurance habitation comprend aussi une couverture d’assurance de la responsabilité civile qui est peu coûteuse mais indispensable puisqu’elle couvre les dommages que vous pourriez occasionner à autrui. Prenons l’exemple d’un locataire qui déclenche un incendie dans son logement. Les dommages à tous les autres locataires ainsi qu’un propriétaire de l’immeuble sont couverts par l’assurance de la responsabilité civile. Les sommes en causes peuvent être considérables.

 

Dans le prochain billet nous verrons la différence entre la gestion de risque et la gestion budgétaire en parlant de garantie prolongée.